Gestion scandaleuse du pouvoir : Le RHDP, premier complice de Gbagbo( blanc bonnet)

Publié le par inconu

        De 2005 à 2008, et peut-être même bien avant 2002 jusqu'à maintenant, l'opposition n'a de cesse de se faire complice de la gestion du régime FPI et de Gbagbo Laurent. Par sa faiblesse de position, par son silence souvent troublant, par ses attitudes qui frisent souvent la démission, par son laisser-aller, par ses imprécisions, par ses fréquentations nocturnes, par la cupidité de certains de ses membres, par le flottement dans la ligne de conduite, l'opposition et principalement le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) a le plus souvent fait le lit du régime Gbagbo. Lui donnant les arguments de se moquer des Ivoiriens, de les spolier et de les arnaquer. " Qui vous a dit qu'il y a une opposition en Côte d'Ivoire ? Il n'y a pas d'opposition. Nous sommes tous au pouvoir... ". C'est cette réponse que le Chef de l'Etat Gbagbo Laurent a donnée le jeudi 13 mars dernier, à un journaliste. C'était au cours d'une interview qu'il a accordée à plusieurs journalistes africains, dans le cadre de l'émission "La tribune de l'intégration". Gbagbo voulait donner une belle gifle à son opposition qu'il ne s'y serait pas pris autrement. En fait, ce qu'il a dit avec un air de mépris et d'amusement se révèle une cruelle vérité. Et la plus belle illustration de cette triste réalité est que jusque-là aucune voix officielle de l'opposition houphouëtiste ne s'est encore élevée pour réagir aux propos du Chef de l'Etat qui ne sont ni nouveaux, ni vrais, encore moins rassurants. Peur d'affronter Gbagbo ou politique de l'autruche ? Seuls les leaders de l'opposition et autres intellectuels de l'opposition peuvent le dire. Toujours est-il que cette attitude défaitiste fait le lit du régime FPI et l'accompagne allègrement dans la désintégration de la société ivoirienne. La réfondation s'est montrée laide et inutilement arrogante, voleuse, pillarde, criminelle, traîtresse, corrompue, tribaliste, dispendieuse... Mais de 2000 à maintenant, combien sont-ils ces intellectuels dits de l'opposition à monter au créneau pour dénoncer cette invention dévastatrice pour le pays ? Ceux qui ont osé le dire se comptent sur les doigts d'une seule main. On attend que des gens qui n'ont rien à voir avec les formations politiques, mais qui ont le courage de leurs opinions s'offrent en sacrifice pour les applaudir dans les salons huppés. Encore que ce que disent ces intellectuels ne connait pas suffisamment d'échos, parce que les partis qui devraient leur donner cet écho, se contentent de faire une opposition de salon. Compromettant accompagnement En octobre 2000, Gbagbo Laurent, en complicité avec Dona-Fologo (pour le PDCI-RDA) a coopté des cadres qui avaient été pompeusement présentés comme des représentants des partis politiques dans un gouvernement dit d'ouverture. Personne n'a dit mot. De fait, le PDCI-RDA se trouve complice sinon responsable du passage de ces hommes et femmes, passés aujourd'hui du côté de Gbagbo, au gouvernement. Tous ceux qui sont dans ce cas agissent-ils encore au nom du PDCI-RDA ? Il ne vient à l'idée de personne de se poser cette question. En octobre 2001, des députés élus sous la bannière du PDCI-RDA, avec le soutien du PDCI-RDA... se rangent du côté du FPI pour faire passer les premières lois contre l'intérêt du peuple. Au nom de la République, sinon sur consigne de Fologo, devenu entre-temps président du Conseil Economique et social. Mais là aussi, personne n'a rien dit pour se démarquer et démarquer le parti de cette conduite anormale. Aujourd'hui encore, Gbagbo et le FPI peuvent dire à qui veut les entendre que toutes les lois ont été votées avec des députés PDCI-RDA. En son temps aussi, les députés UDPCI, par calcul dont seul le général Guéi connaissait les tenants et aboutissants, ont aidé le FPI à faire passer des lois iniques. L'argent y est passé. Certains y ont pris goût et ont plus que rejoint les rangs du camp présidentiel. La député Djibo Aya Martine (PDCI-RDA) a créé son parti. Les élus Drissa Dagnogo, Yéo Adama, Yaya Sékongo, feu Ousamane Coulibaly, Dosso Sita... (PDCI-RDA) ; Tia Monné Bertine, Noutoua Youdé Celestin... (UDPCI); Zémogo Fofana, Kanaté Enise...(RDR), Joël Nguessan et Stéphane Kipré du MFA ont fait le pied de nez à leurs différents partis. Beaucoup s'affichent ouvertement avec le FPI et annoncent faire campagne pour Gbagbo, tout en s'affublant des attributs du PDCI-RDA, du RDR, de l'UDPCI, du MFA, sans que personne n'ose publiquement et officiellement les interpeller et les rappeler à l'ordre. Demandez aujourd'hui à un militant du PDCI-RDA de quel parti est M. Fologo, il vous dira le RPP, mais partout Fologo est brandi par le camp de Gbagbo comme le plus grand trophée face au RHDP. Fofana Zémogo du RDR, Mme Tia Monné Bertine, Gilbert Bleu Lainé de l'UDPCI et Joël Nguessan du MFA sont eux aussi des beaux trophées brandis partout par les réfondateurs comme pour démontrer que c'est le RHDP qui a tort de ne pas venir à eux. A cette moquerie, le RHDP n'oppose rien d'autre que les éternels " laissez-les faire, nous savons ce que nous faisons ". Alliés de fait Quand éclata la crise du Terminal à conteneurs de Vridi, en février 2004, qui opposait le Ministre des Infrastructures Economiques, Patrick Achi (PDCI) à Gbagbo Laurent, le RHDP pour une fois a fait bloc pour soutenir son ministre. Banni du Gouvernement sur un coup de tête, Achi, Soro et Soumahoro à qui Gbagbo avait dit qu'il ne les reprendrait plus jamais dans son Gouvernement sont réintégrés. Mais combien de fois cette solidarité s'est-elle manifestée depuis ? Combien sont-ils, les ministres de l'opposition houphouëtiste qui peuvent nommer les directeurs généraux et centraux sous leur tutelle ? Qu'a fait le RHDP pour que ses ministres soient respectés au Gouvernement ? Tout se fait comme si les ministres du RHPD ne sont là que pour faire de la figuration et donner au régime Gbagbo l'arme de sa défense quand l'heure du bilan sonnera. Le RHDP fait de la figuration, dans le sens voulu par Gbagbo et le FPI. C'est-à-dire montrer à l'extérieur que le démocrate Gbagbo partage son pouvoir avec ses adversaires. La réalité est pourtant là. Le seul qui a le pouvoir de décision est Gbagbo. Les directeurs centraux et généraux qu'il maintient à la tête des structures sous tutelle des ministères de l'opposition, ne prennent leurs ordres et ne rendent compte qu'au Palais. De fait, quand c'est bien fait et bon, c'est Gbagbo qui en est le concepteur et le bénéficiaire. Mais quand c'est mal fait, ce sont les ministres du RHDP, donc le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI, le MFA. Par exemple, c'est Gbagbo qui a nommé le directeur général du port, c'est lui qui a fait nommer les différents responsables du Port, c'est lui qui a suivi les négociations de la cession du terminal à conteneurs du Port. Mais quand le moindre bobo s'est présenté, c'est Patrick Achi qui est montré du doigt. Quand le Probo Koala est entré avec ses déchets toxiques, c'est Anaki, le ministre des Transports, qu'on a voulu mettre en cause en lieu et place de Gossio, le directeur du Port. C'est Gbagbo Laurent qui a pensé faire la libéralisation de la filière café cacao comme on le voit actuellement. C'est Gbagbo qui a nommé les différents responsables des différentes structures de gestion. Tant que l'argent du café et du cacao coulait à flot, c'est aux réfondateurs qu'il allait. Quand viendra l'heure de rendre compte, le ministre de l'Agriculture Amadou Gon Coulibaly (RDR) ne s'en tirera pas à bon compte. Il en va de même à l'université où Cissé Bakongo devra s'attendre à justifier des comportements. Depuis l'éclatement des scandales, l'opposition n'a jamais rien fait de véritablement pointu pour établir la seule responsabilité du régime FPI de Gbagbo. Il va sans dire que le RHDP pour n'avoir rien fait pour marquer son désaccord vis-à-vis des dérives du régime Gbagbo, laisse le champ libre au FPI de mener une campagne qui présentera le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI, le MFA comme les principales causes de l'échec de la politique du FPI. Si l'opposition se contente ainsi de sa présence au Gouvernement, pour les retombées financières, elle conforte le régime dans sa position, mais aide ce pouvoir à faire le transfert des responsabilités des échecs et dérives. Autant Gbagbo et le FPI ne se sont pas gênés pour inaugurer en grande pompe les réalisations du PDCI-RDA (les nombreux hôpitaux, centres santé, dispensaires, pompes villageoises, électrification et téléphonie rurales...), autant Gbagbo montre déjà le chemin du transfert de l'incompétence qui caractérise les réfondateurs. "Il n'y a pas d'opposition. Nous sommes tous au pouvoir...". Dans cette phase de reconstruction et de réhabilitation des infrastructures économiques, le ministre Patrick Achi est au four et au moulin. Il monte des projets et cherche des financements partout. Mais quand il obtient un financement et réalise le projet, ceci est immédiatement mis au compte du Chef de l'Etat Gabgbo. Le service civique est monté dans le dos du ministre de la Jeunesse. Il ne décolle pas. S'il échoue, c'est le ministre de la Jeunesse, Dagobert Banzio qu'on va accuser de ne pas s'occuper de la jeunesse. Il en est de même dans tous les ministères dirigés par les hommes du RHDP. Par ailleurs, Gbagbo a dit "on va aller aux élections vite, vite, mais à notre rythme". Le RHDP ne dit rien pour donner son avis. Tout comme il n'a pas véritablement osé critiquer Ouagadougou encore moins donner une position ferme sur les différents problèmes que sont le désarmement et la question de limite d'âge et de code électoral. Alors question. S'il n'y a pas d'élection en 2008, comme le stipule l'accord de Ouaga 2, le RHDP continuera-t-il d'accompagner Gbagbo ? Et si ce dernier, fort de cette position, se met en idée de continuer à imposer ses seuls avis et décisions ? De 2000 à 2008, le RHDP s'est suffisamment compromis en accompagnant le pouvoir FPI.

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